27 octobre 2014

Qu’est-ce qu’un commissaire d’exposition ? Vu par des artistes

Le 16 octobre 2014, les artistes Sengthe Vanh Bouapha et Nicolas Gaillardon inauguraient leur exposition Subliminaloops 2 dans les nouveaux espaces des Arteliers de la Source à Orléans. Elle fait écho à une première exposition qui a vu le jour lors d’une carte blanche organisée par Nord Artistes en novembre 2013à Roubaix. Initiée par une réflexion sur la boucle et le dispositif dans l’art contemporain, les deux artistes en ont invité d’autres à rejoindre projet.

Lorsque Sengthe et Nicolas réalisent Transmission to future, installation multimédia autogérée grâce à un algorithme, leur collaboration donne naissance à «une troisième entité qui a son fonctionnement propre». Éloignée de leurs pratiques respectives, l’œuvre est à l’origine d’une réflexion sur la boucle. Subliminaloops devient l’occasion d’une recherche artistique par le biais du commissariat d’exposition.

À travers des pratiques contemporaines, notamment l’utilisation de dispositifs numériques, la muséographie des œuvres multimédias fait débat. Comment agence-t-on des images animées? Comment gère-t-on la lumière, ennemie des supports multimédias? Non seulement c’est un tout nouvel espace qu’il faut apprivoiser, mais il s’agit également de faire face à des œuvres très souvent dématérialisées. Les commissaires d’exposition se retrouvent face à des fichiers numériques. À eux de trouver les supports pour les diffuser.

D’après Sengthe et Nicolas, on aurait tort de penser que leur pratique d’artiste-commissaire est un cas isolé. «Les artistes vont naturellement chercher d’autres personnes pour exposer avec eux» nous dit Sengthe. «Dans une génération où on est tous très individualistes, on a peut-être envie de retisser du lien».

Romain Deschambres, octobre 2014.