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Alimenter son feu

Vous travaillez à votre œuvre depuis quelques jours, mois, années.
Des moments de grâce, des moments de doute. Ça dépend des jours.
Cette alternance est plutôt salutaire.
Ça prouve que vous n’êtes pas complètement aliéné à votre nombril, que ce et ceux qui vous entoure vous influencent et influencent votre travail.

Dans notre monde dopé à la communication et déformé par les techniques de marketing, il n’est pas toujours facile de ne pas se laisser emporter par le courant dominant¹.

Un feu de paille est un feu de paille.
C’est séduisant et ça ne vous réchauffera pas durablement.

Une gommette est une gommette.
Un prix d’excellence® sur une bouteille de vin, un vu à la télé® sur du shampoing ou un prix Marcel Duchamp® sur un artiste sont des décorations données par un groupe d’experts avec leur culture, leur vision, leurs centres d’intérêts et parfois même leurs intérêts.
Ce vin, ce shampoing et cet artiste ont sans doute plein de qualités, et cette gommette et à prendre pour ce quelle est et rien de plus.

Pas la peine d’organiser un boycott à la première gommette croisée.
Notre société est remplie de gommettes.
Les combattre systématiquement transformerait votre vie en guerre retranchée.

Tous les maîtres-nageurs basques vous le diront : quand une baïne vous emporte, il est vain de tenter de nager vers la côte car la seule chose à laquelle vous arriveriez serait de vous fatiguer et éventuellement vous noyer.
Il faut plutôt se laisser emporter, rester connecté à soi-même garder à l’esprit que ce courant va vous balader un peu puis vous ramener à la cote tranquillement.

L’idée serait de réussir le mariage entre les influences extérieures et votre feu intérieur en prêtant autant d’attention au vol d’un oiseau qu’au travail de l’artiste star propulsé en tête de gondole des requêtes Google® à coups de dollars.

Bien à vous
Philippe pour aaar.fr

¹ « mainstream » en américain.