2 février 2015

Le festival Orléanoïde et la création numérique, par Romain Deschambres

3ème édition pour le festival de création numérique, Orléanoïde.

Du 30 janvier au 15 février 2015, les Orléanais sont invités à parcourir la ville pour y découvrir de nombreux artistes, acteurs d’une nouvelle génération ancrée dans le numérique. Sous le thème des sciences-fictions, la création 2.0 baigne alors dans ses sujets de prédilection. À savoir, sa capacité à remettre en cause les sciences et les nouvelles technologies et à interroger certaines questions sociales comme la vie privée sur les nouveaux supports numériques.

Pour exemple, à travers Radiant Tree, œuvre du collectif HeHe, la question des technologies nucléaires est clairement présente. Sous ses aspects féeriques, l’arbre enduit d’une couche de fluorescéine et illuminé d’une lampe ultraviolet, nous plonge dans un décor tchernobylien angoissant. Quel est donc notre rapport à la nature ? Sommes-nous ainsi capable d’être créateurs de pollutions sans nous en apercevoir ? À travers ce dispositif, le collectif HeHe matérialise les nuisances de source humaine que nous infligeons à la nature.

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Loin d’être à leur coup d’essai, les artistes Helen Evans et Heiko Hansen avaient déjà tenté de matérialiser la pollution émise par une usine d’incinération à Saint-Ouen en 2009. À l’aide d’un faisceau lumineux vert projeté sur le nuage de fumée évacué par les cheminées, « Nuage vert » donnait du corps à cette pollution peut-être trop discrète pour être remarquée. Censurée par la mairie de Saint-Ouen par crainte de donner une image négative à l’incinérateur, l’initiative du collectif HeHe nous rappelle qu’il est toujours difficile de regarder frontalement notre impact sur l’environnement.

Cela dit, la création numérique interroge également les nouveaux espaces qui y sont dédiés et la manière dont les artistes se les accaparent. Comment les collectivités locales investissent ces champs ? Quelles sont les structures dédiées aux arts numériques ? Les espaces de diffusion et de création sont-ils adaptés ? Ont-ils les compétences pour mener à bien des projets numériques ? Quels sont les acteurs de cette création numérique ?

orleanoide5À l’occasion de la troisième édition du festival, nous sommes allé à la rencontre de son directeur artistique, Benjamin Cadon, et de quelques artistes exposés, Cécile Babiole et le Studio G&M.

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Pour en savoir plus :

Sur MAKERY, l’article « Orléanoïde ou la parade du hack« (publié le 17 février 2015 par Carine Claude)