2 mars 2016

Pour une approche féministe et queer des technologies

Le 14 janvier, Labomedia invitait spideralex pour une conférence intitulée : « pour une approche féministe et queer des technologies ».

Spideralex se définit comme une anarchiste et une cyber-féministe.
Pour elle, le féminisme est une lutte qui inclue toutes les personnes, une lutte qui bénéficie à toutes et tous. C’est un mouvement politique et social qui cherche la rupture des normes de genre.

C’est une lutte contre la croyance que l’égalité a été obtenue ;
C’est une lutte pour le droit à notre propre corps ;
C’est une lutte pour l’avortement libre, sûr et gratuit ;
C’est une lutte pour l’égalité au travail, pas seulement dans la rémunération mais aussi dans les opportunités ; et c’est une lutte au droit à prendre soin, ou à ne pas prendre soin, des autres.
Qu’est-ce que n’est pas le féminisme pour elle : ce n’est pas le contraire du machisme, ce n’est pas une lutte contre l’homme,ce n’est pas une lutte seulement des femmes,ce n’est pas un mouvement qui cherche à exclure d’autres personnes, ce n’est pas une nouvelle invention, ça a plus de 200 ans d’histoire, ce n’est pas une mode et une tendance, ce n’est pas une lutte de femme frustrée et ce n’est pas une question de répression mais une question de libération pour toutes et pour tous.

Sa conférence, dont nous publierons la captation sonore et visuelle prochainement, s’articulait en deux parties.

La première partie proposait de répondre à cette question : Pourquoi a t-on besoin d’une approche féministe et queer des technologies ? Quelles sont les problématiques, les barrières à l’entrée, les violences qui existent contre les femmes ?

La seconde partie abordait les initiatives pour proposer des solutions pour essayer de dépasser ces problématiques.

Selon SpiderAlex, le mot Queer recouvre tous les gens qui ont une certaine identité de genre (LGTBI). Je me suis posé la question au passage : donc les hommes n’ont pas d’identité de genre ?

SpiderAlex est native de la culture libre. Elle travaille sur le genre et les technologies depuis plus de dix ans, notamment au sein d’un collectif en Catalogne. Elle raconte : « Il y a 10 ans, on était à Barcelone avec des amis techno-activistes et on s’est posé cette question : pourquoi il n’y a pas de femmes dans les environnements technologiques ? »
Ils ont choisi de fonder un collectif de recherche-action sur cette question du rapport entre genre et technologie.
Est-ce qu’il y a des barrières, des différences, et qu’est-ce qui se passe exactement?
Est-ce qu’il faut proposer d’autres activités pour que des femmes ou trans ou gay entrent dans des environnements technologiques ?
Ils voyaient que dans les études académiques, dans les statistiques, il y avait toujours une démonstration qu’il y avait beaucoup moins de femmes dans les environnements technologiques mais dans leur quotidien on voyait qu’il y en avait plein. Ils ont essayé un peu de changer la question.
Ils n’ont pas tant travaillé sur la discrimination et les barrières à l’entrée mais ils se sont plus focalisé sur qui est là et pourquoi elles sont là. « Y a plein de nanas qui travaillent avec les technologies, c’est quoi leur parcours, pourquoi elles en sont arrivées là ? »

L’autre axe de leur recherche est la question du féminisme, ce mot, ce mot « F » word, qui n’est pas très bien aimé. Selon SpiderAlex, quand on parle de féminisme on devrait toujours le mettre au pluriel.
C’est une tradition qui vient de presque deux siècles, et il y a des féminismes très différents entre eux, des féminismes avec lesquels elle n’est pas du tout d’accord, dans lesquels elle ne se reconnait pas du tout, donc quand on parle de féminisme la première chose c’est de le mettre au pluriel.

 

Liens transmis par SpiderAlex lors de sa conférence

Son organisation

Le projet Gender and Technology Institute

Wiki du projet

Manuel « Zen and the art of making tech work for you »

Les autres liens que j’ai montré vers des initiatives sont listés ici, ou alors ici

+++

Pour poursuivre cette exploration dans l’AAARevue