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Jérôme Poret explore les dimensions événementielle et matérielle du son. Inscrit dans les pratiques musicales dites extrêmes (indus, métal, noise) et leur esthétique, l’électro-acoustique, son univers plastique en fait le matériau d’une interaction avec les lieux et les architectures investis. Il les conçoit comme « une structure amplificatrice », émettrice d’un environnement social et artistique donné, à affecter. Musicien, producteur du label de disque vinyle expérimental LABELLE69, il réalise des pièces sonores, performances, mais aussi des dessins muraux Sonicdrawings, installations, vidéos. Autant de moyens pour donner « forme » au son, entre matière imperceptible (images, fréquences) et objets physiques bien réels.

 

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Polyrythmie autour du Teinturier de la Lune

Pour Les Itinéraires, j’ai voulu privilégier le travail de monographie autour d’une pièce particulièrement liée à l’histoire féodale en région Centre et plus particulièrement de Bourges et du Duc du Berry. Ce dossier va permettre de déployer un ensemble de recherches qui sont à la fois en amont et en aval du projet « Le teinturier de la Lune ». Commencé en 2011 pendant la résidence au Musée de l’Hospice Saint-Roch à Issoudun, entretenu le temps de l’exposition à l’été 2015 pendant la Triennale de Vendôme, il est proposé aujourd’hui sous forme de continuum.

La pièce, faite de trois éléments – Pleurant, Cabinet, Grill – avec une nouvelle version de Pleurant, est présentée au Musée de Vendôme en 2015. Elle est le fruit d’une série d’interrogations sur l’histoire des arts et les corrélations avec l’événement, mais aussi inspirée du « mistère médiéval » et des cultures de genres musicaux.

Les documents présents fonctionnent comme une polyrythmie (au sens musical) d’images liées directement ou pas avec les pleurants et les pleureuses. Le terme utilisé dans différents moteurs de recherche privilégie une approche séparée de ces images comme des rythmes, qui, sur une longue durée, propose une histoire des structures ou des mentalités.

Jérôme Poret