28 octobre 2016

Alea jacta est / Réaction au compte-rendu Rencontres Réseaux Arts plastiques en Région Centre-Val de Loire

En réaction à l’actualité, nous ouvrons un dossier concernant le territoire régional de l’art contemporain d’un point de vue politique. L’objectif est d’ouvrir à la fois un espace d’information et une tribune permettant de bénéficier de points de vue concernés et éclairants.

Réaction au compte-rendu Rencontres Réseaux Arts plastiques par la Région Centre-Val de Loire

Le 27 octobre, le compte-rendu de la rencontre du réseau professionnel arts plastiques a été publié par la Région Centre-Val de Loire sur la « Plateforme de démocratie participative de la Région Centre-Val de Loire ». Cette rencontre s’est déroulée à l’ensa – École Nationale Supérieure d’art de Bourges le jeudi 15 septembre 2016.

Une quarantaine de personnes étaient présentes. Pour citer ce compte-rendu, il s’agissait de personnes :

représentant des associations œuvrant dans le domaine de l’art contemporain ou des arts visuels (Le POCTB, Mode d’emploi, Bandits-Mages, la Mire, les Promenades Photographiques, Labomedia et l’équipe d’AAAR…), des artistes, des enseignants, les écoles d’art (de Tours, Bourges, Châteauroux et Orléans), les centres d’art et grandes institutions régionales (Les Tanneries, le CCC – OD, Chaumont, le FRAC, Le Transpalette, le Centre de céramique contemporaine la Borne), mais aussi une représentante du CNAP (centre national des arts plastiques), de TRAM, de l’APSMRC (association des personnels scientifiques des musées de la Région Centre-Val de Loire), ou encore d’Artefacts (coopérative d’activités et d’emplois), et du Château du Rivau. Une dizaine de structures représentant ces mêmes champs d’actions n’ont pu être représentées.

Nous étions présents à cette réunion. Lors de celle-ci des questions fortes et néanmoins absentes de ce compte-rendu (consultable en fichier joint) ont été posées. Nous nous permettons donc de les soulever de nouveau, en les étayant d’informations complémentaires et d’hyper-liens.

La première concerne la création d’un SODAVI en région Centre – Val de Loire.

Celui-ci ne semble pas le moins du monde à l’ordre du jour, nonobstant l’organisation des concertations en cours. Le SODAVI, qu’est-ce que c’est ? Le SODAVI est un Schéma d’Orientation pour le Développement des Arts Visuels. Pour citer le Projet de service 2015-2020 de la DGCA (Direction générale de la création artistique) publié en avril 2015 :

[…] il faudra dans les cinq ans reprendre l’ingénierie des politiques territoriales de l’État dans le champ des arts visuels en élaborant, avec les acteurs et les collectivités, des Schémas d’Orientation pour le Développement des Arts VIsuels (SODAVI) sur le modèle des schémas d’orientation des lieux de musiques actuelles (SOLIMA). Le SODAVI entend définir une approche globale des créateurs des arts visuels en prenant en compte la structuration des filières et l’articulation des étapes de la vie de l’artiste (formation initiale/vie professionnelle/formation continue), les aspects économiques et réglementaires de la vie de l’artiste (droits d’auteurs, cotisations chômage, retraite…) et les aspects pratiques de la vie de l’artiste avec notamment les ateliers­ logements qui juxtaposent lieu de travail et lieu de vie dans un même espace. Ces schémas concerneront aussi les créateurs des métiers d’art, la mode, et le design. Ce chantier prioritaire devra prendre en compte les arbitrages à venir en matière de redécoupage des régions.

La seconde a irradié plusieurs tables-rondes, car elle représente bien sûr le nerf de la guerre : la question des financements publics, et des arguments concernant leurs répartitions.

À cette question, concernant la répartition actuelle du budget de la culture consacrée aux arts visuels, nous n’aurons pas de réponse. Il est possible d’éplucher le budget prévisionnel 2016 de la région, mais un camembert synthétique eut été bienvenu. Dans cette synthèse, pouvoir identifier facilement les structures ou individus bénéficiant de soutiens financiers serait une vraie clef pour lire la politique culturelle en acte, et non en simples mots.

La troisième était plus précise, plus localisée. Nous avons relevé la pertinence d’un guide régional imprimé permettant de « faire passer » AAAR hors des espaces numériques.

Ce guide annuel des structures actives pour l’art contemporain, qui existe dans presque toutes les régions (grâce aux soutiens des conseils régionaux, des DRAC et des conseils départementaux) semble une entreprise impossible dans notre région. Pourquoi ? En fait, nous ne sommes pas justes, personne n’interdit à quiconque de réaliser pour son bon plaisir et avec ses financements propres ce guide. En terme d’investissements pourtant, ce qui est privilégié depuis plusieurs années est un axe permettant de « vendre » encore et toujours les « institutions »artistiques régionales ou celles qui cherchent une visibilité politique.

Cette troisième question rebondit sur un quatrième point, cité lui dans le compte-rendu : « Comment impulser un réseau autour de l’art contemporain et des arts visuels ? »

Il est étonnant que cette question soit posée ici alors que la réponse avait été fournie il y a plus d’un an en catimini. Dans cet article daté de mai 2015 et intitulé « Les lieux d’art contemporain se structurent en réseau touristique », il semble que ce réseau existe.

 

Les sites de diffusion de la création contemporaine contribuent sans conteste, de par leur exigence et leur diversité, au rayonnement de la région Centre-Val de Loire. En effet, l’art est manifestement au cœur de l’identité de notre région, berceau de la Renaissance française. L’art contemporain figure au rang des filières définies comme prioritaires par le plan marketing de la Stratégie Régionale de Tourisme Durable (2012 – 2015). C’est la raison pour laquelle le CRT Centre – Val de Loire a d’ores et déjà œuvré en faveur de la promotion touristique des sites majeurs régionaux :

  • réalisation d’un dossier de presse
  • soutien communication aux évènementiels (Triennale de Vendôme…)
  • démarchage de T.O à l’occasion des « Rendez-vous en France » les 31 mars et 1er avril derniers
  • organisation d’un voyage de presse les 11 et 12 juin 2015

À l’initiative du Comité Régional du Tourisme et de la Direction de la Culture de la Région Centre – Val de Loire, les responsables des principaux lieux régionaux de diffusion de la création contemporaine se sont engagés dans une démarche mutualisée de mise en marché touristique. Une charte d’engagement est en cours de rédaction et sera adoptée dès cet automne ; elle servira de fondement pour la mise en œuvre d’un plan d’actions partagé, reposant sur la définition de valeurs et d’objectifs communs.

Sites engagés dans la démarche :

  • le centre de création contemporaine à Tours
  • le FRAC Centre à Orléans
  • les Tanneries à Amilly
  • le Domaine Régional de Chaumont-sur-Loire
  • l’Abbaye de Noirlac – Centre culturel de rencontre
  • la Fondation du Doute à Blois
  • le Château du Rivau à Lémeré
  • l’Association Emmetrop à Bourges
  • l’Artsenal à Dreux
  • l’Association Céramique de  La Borne.

Car comme l’a écrit le quotidien « La Croix » dans son édition du mardi 5 mai dernier, « Ce qui se passe en Centre – Val de Loire est exemplaire. Il y a une volonté politique de valoriser les territoires à travers le développement de l’art contemporain ».

Pour rebondir à cette initiative, passée sous silence lors de cette réunion, revenons brièvement sur les circonstances de la création d’AAAR.fr et son ambition affichée d’être un OUTIL au service de structures et de publics, plutôt qu’un RÉSEAU d’acteurs. Un réseau aurait besoin de soutiens institutionnels forts contribuant à une organisation collégiale et horizontale, sans discriminations. Cela semble impossible. Pour lutter contre l’uniformisation et privilégier la diversité, nous avons pris le parti de valoriser TOUTES les actions concernant l’art contemporain, par l’usage.

Pour conclure, il semble que les dès soient jetés depuis fort longtemps. La volonté de maillage des territoires concernant l’art contemporain étant incarnée par le renforcement toujours croissant des quelques « institutions régionales » élues ou créées pour l’occasion. Pour citer le rapport du CESER, également en pièce-jointe :

Points forts : Plusieurs grands projets inscrits dans le cadre du CPER (contrat de plan État/Région) sont en train de redessiner en profondeur la cartographie des lieux de diffusion de la création en arts plastiques: création du Centre de Création Contemporaine – Olivier Debré à Tours, FRAC à Orléans, les Tanneries à Amilly, le manège Rochambeau à Vendôme. Ce sont autant de projets éminents qui font de la région Centre-Val de Loire une des régions de France les plus dynamiques dans le domaine des arts visuels. Points faibles : Fragilité de certaines activités notamment dans les arts plastiques.

Enfin, à titre consultatif, nous vous incitons à décrypter le Projet de loi de finances pour 2016 : Culture : création, cinéma présenté en novembre 2015 par le sénateur David ASSOULINE, au nom de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication. Dans ce projet de loi, les nécessités d’une valorisation collective des acteurs des arts visuels côtoie un budget qui cible des structures toujours plus grosses et toujours moins nombreuses.