Du 14 Fév au 05 Juil 2020

Your Top Is My Bottom, Simon English

Catégorie :

18 Cher

Adresse :

Friche l'Antre-Peaux 26, route de la Chapelle 18000 - Bourges

Simon English (1959) vit et travaille à Londres.
Il a fait son apparition sur la scène artistique britannique dans les années 90 dans le sillage des YBA’s et de l’écurie Saatchi.
Il a, depuis, pris ses distances avec le système de validation néolibéral du marché de l’art.

Surfant sur le support vierge, Simon cartographie, explore, arpente ses états de consciences, ses êtres au monde.
Pour cela, il assemble, combine, agence, module, déplace, retourne, détourne…
Le support (papier, toile…) est la surface d’inscription de ses explorations intimes : états d’âmes, de corps, énervements, joies, obsessions, peurs, colères, fantômes, désirs, fantasmes, addictions, rages…

On a bien à faire à une approche existentielle de la pratique de l’art. Je dirai même une ascèse.
Simon English, en les couchant sur le papier, ou la toile, ou… donne forme et corps à des états de consciences et, ce faisant, les matérialise, les performe en quelque sorte.

Essentiellement versatiles, les œuvres de Simon sont mouvantes.
Il s’y trouve quelque chose de la dynamique et de la logique du collage (jonctions-disjonctions), du cadavre exquis et des procédés d’écritures automatiques, quelque chose du travail de la condensation onirique, mais également des pratiques méditatives.
Il y a du geste et de la Geste.
Du fragment et de l’impermanence.
Il dit “L’inconscient est ma matière” et cherche à se libérer de la narration consciente, à laisser émerger, apparaître.
À faire confiance au flux.

To Let Go est son moto.

Si cette œuvre est une exploration intime, il n’est pas clos pour autant et résonne des fracas du monde. L’extérieur s’y dépose par des paroles de chansons cheezy entendues à la radio, des notes griffonnées à la hâte, des numéros de téléphone, horaires de trains ou listes diverses.
Des traces de vie, quoi.
Le support est littéralement entrepris dans TOUS les sens au gré de la nécessité et des moyens économiques à disposition. Plus de haut ni de bas, d’envers ou d’endroit, de gauche ou de droite.

Upside down/Boy, you turn me/Inside out/Round and round.

Dans l’atelier, coexistent différents pôles.
L’atelier est un espace, en permanente redistribution.
On y trouve des zones de travail (sur table ou au mur, parfois au sol), de tests, des zones de stockage, de séchage, des espaces de mise en attente, des bassins de décantation, de refroidissement, des surfaces…

La contrainte économique, au départ subie, devient chez Simon English, un moteur et une force de résistance.
Faire avec la situation telle qu’elle est.
À cet égard, il n’est certainement pas anodin que cette œuvre se développe en résistance dans l’épicentre du néolibéralisme galopant, opposant sa force d’inertie, son rythme, sa propre nécessité interne.

Your Top Is My Bottom : le titre de l’exposition fait état d’un paradoxe, d’un retournement, d’un renversement.
L’exposition retourne l’usage habituel de l’espace du Transpalette.
La visite sera descendante.
On suivra le lapin d’Alice au fond du terrier.

Dans cette exploration des profondeurs de l’inconscient, cette descente aux Enfers, on croisera certainement Orphée et Eurydice, mais aussi Oui-Oui, un écureuil ou une souris…
Seront réunies œuvres sur papier, toiles libres et assemblages réalisés spécifiquement pour cette exposition.
Moins directement diaristiques, mais toujours aussi idiosyncrasiques.
Moins explicitement sexuelles, mais toujours aussi libidinales.
Moins précieuses, mais toujours aussi raffinées.
Moins nostalgiques d’un hypothétique paradis perdu que dans l’exploration de l’Ici et Maintenant.
Moins narratives
Moins “anglaises”.
Plus apaisées.

Bottoms Up !

Frank Lamy

Infos pratiques

Horaires d'ouverture

Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h sauf jours fériés
Visites commentées tous les samedis à 15h

Tarifs

Entrée libre