Du 02 au 15 Fév 2019

Vernissage : 01 Fév

Noir profond, Magali Sanheira

Catégorie :

18 Cher

Organisé par :

Bandits-Mages

Adresse :

24 route de la Chapelle 18000 - Bourges

Voir le noir du monde, son effroyable violence, et la triste Histoire des êtres humains qui se répète.

Il s’agit alors de faire face à un sentiment d’impuissance, grandissant, de sortir du déni et de rendre compte de ce qui est. De l’état du monde, de son effondrement, tant sur un plan écologique qu’économique.

2017 // Durée 21’02”. / HD, 16/9, stéréo, couleurs Dessin ampli fié réalisé In Situ, charbon sur bois. Aide à la production Bandits-Mages.

Cette proposition interroge le travail de mémoire même, à travers une expérience esthétique qui ne se borne pas à une fascination fataliste d’un éternel recommencement, mais encouragerait tout espoir.

Making Circle #7

Debout face à une cimaise servant de surface de captation, je trace au charbon de manière répétitive un cercle de mon envergure dont la forme évolue et se transforme. Le son tient une place centrale dans la perception de l’œuvre. Il est modulé par le mouvement, le support et l’acoustique du lieu.

Au fur et à mesure, le morceau de charbon se désagrège. Il se réduit en poussière et le dessin s’agrandit, formant une expansion qui se réalise par la ruine et l’exploitation extrême des matériaux. La durée de la performance est ainsi définie par l’épuisement du geste et en fonction de l’évolution de la composition.

Se dessine ainsi l’empreinte visuelle et acoustique de l’effort qui invite à plonger dans un flux de sons concrets propices à la méditation. La contemplation de cet éternel retour soulève des questionnements sur le devenir et la transformation.

De cette entropie, j’ouvre mon dispositif pour Making Circle #7, et le fait sortir de l’espace clos pour l’intégrer à la nature et lui donner une nouvelle perspective. La pièce se présente sous la forme d’un plan séquence dont la composition sonore intégrera les impromptus de la Nature.

 

Fleur bleue et rose blanche. Composition florale suspendue : Aiguille à larder, fleur bleue, rose blanche Dimensions variables. 2012

Fleur bleue et rose blanche

L’objet rappelle un Ikebana, art japonais qui se distingue, par sa symbolique, son asymétrie et sa recherche de l’utilisation de l’espace.

Hors de tous préceptes religieux, cette composition demeure néanmoins rattachée à certaines croyances, et soulève de l’harmonie entre l’Homme et la nature, du processus d’éphémère et de renaissance, du principe masculin/féminin, et du concept de trinité terre/ homme/ciel. La suspension quand à elle renvoie vers l’idée de mouvement et de vie.

Cet Ikebana se compose d’une rose blanche et d’une fleur bleue maintenues par un lardoir, tige creuse métallique ouverte dans sa longueur, permettant d’insérer du lard dans l’épaisseur des pièces de viande.
« Fleur bleue et Rose blanche » revisite l’histoire allemande :

  • « Die Weiße Rose » est le nom d’un groupe de résistants Munichois, fondé en juin 1942, composé de quelques étudiants et de leurs proches et soutenus par leur professeur de philosophie Kurt Révoltés par le totalitarisme hitlérien et les souffrances causées par la guerre, leur convictions sont fondées sur une profonde culture humaniste. Les étudiants se référèrent dans leurs tracts qui sont un appel vibrant à la conscience collective, notamment à Goethe etNovalis.

Après leur exécution en 1943 par la Gestapo, des millions d’exemplaires de leur dernier tract seront lâchés sur le territoire allemand par l’aviation anglaise, perpétuant ainsi l’œuvre de résistance éthique.

  • « Die blaue Blume » quant à elle s’inspire du roman inachevé de Novalis « Heinrich von Ofterdingen ». Le fragment commence avec le rêve de la fleur bleue qui devient le visage d’une jeune fille. A son réveil Heinrich se met à la recherche de cette

Chez Novalis, cette fleur symbolise l’amour absolu qu’Henri porte à Mathilde mais aussi l’union du rêve et du réel, signe des affinités des deux mondes.

L’expression devenue célèbre de « fleur bleue » préfigure un des grands objectifs du romantisme allemand, c’est à dire la recherche du paradis perdu, la communication avec la nature et la proximité de la mort.

We were hungry before we were born (Nous avions faim avant d’être nés) 2012. Laque blanche murale, 126 x 174 cm. Crâne humain soclé et doré à la feuille d’or 22,5 carats.

We were hungry before we were born

We were hungry before we were born est une vanité, s’inscrivant dans la continuité du genre qui invite à méditer sur le caractère fugace de la vie, la fuite du temps.

Sur une surface rectangulaire blanche, brillante, immaculée, s’y trouve soclé un crâne humain.

Memento mori symbolisant science, richesse, puissance, beauté, fragilité, destruction, et triomphe de la mort.

Sa cavité à été dorée à la feuille d’or, mettant en lumière un relief rhizomique et accidenté, et plaçant la « préciosité » à l’intérieur du crâne.

Le titre, We were hungry before we were born , renvoie à une forme de constat, de résilience ou de sursaut, face à un avenir qui semble déjà dressé.

©-Nadia-Rabhi

A propos de Magali Sanheira

Ma pratique s’inscrit dans un champ multidisciplinaire.
Dans une quête de sens, il y a un va-et-vient constant entre le sujet abordé et le choix des outils et des matières.
La rencontre fortuite avec un objet abandonné est souvent l’élément déclencheur.
Mon rapport à la musique est instinctif.
Audiophile, j’intègre le son dans ma pratique comme un matériau sculptural à part entière, me permettant de travailler sur une dimension supplémentaire : l’espace acoustique.
Je développe une recherche autour de formes et de volumes géométriques simples, voire élémentaires, des formes archétypales.

Je procède à des captations environnementales en glanant des objets et des sons ici et là. Puis c’est à partir de ces fragments que je vais disséquer et analyser des processus de fonctionnement qui nous entourent.

Ainsi, je renverse, démonte, re-combine ces divers objets et matériaux comme pour expliquer des logiques.

Celles de certains archétypes mythologiques où je me suis plus particulièrement intéressée à des figures féminines, celles qui s’opposent, les règles d’un jeu où toute victoire est obsolète, ou encore pour cartographier des territoires où la dérive n’a pour but que la mise en place d’une nouvelle stratégie d’occupation poétique du territoire.

J’explore des techniques artisanales inédites lorsque nécessaire, détourne des technologies industrielles, et transforme des restes pour souvent les laisser bruts.

Ces objets tentent d’interroger les systèmes d’une société fondée sur la violence, l’obsolescence programmée, la vitesse, la chute, le leurre, et notre relation à l’autre dans cette société.

Ces objets qui se rattachent à des histoires, ou à des événements qui marquent l’histoire qui se fait, puisent dans leur potentiel narratif pour proposer d’autres futurs possibles.

Infos pratiques

Horaires d'ouverture

de 14h à 18h (sauf dimanche)