Du 23 Nov au 31 Déc 2019

Vernissage : 23 Nov @ 18h00

Faites entrer l’infini, Élisabeth joulia

Catégorie :

18 Cher

Adresse :

La Borne 18250 - Henrichemont

L’artiste

Élisabeth Joulia est née le 30 juillet 1925 à Riom (Puy-de-Dôme). Après des études aux Beaux-Arts de Clermont-Ferrand et de Paris pour être fresquiste, elle s’inscrit aux Beaux-Arts de Bourges où le céramiste Jean Lerat lui transmet sa passion pour l’argile. Le 10 avril 1949, elle s’installe à La Borne, un village de potiers dans le Cher, où elle travaillera jusqu’à sa disparition, en août 2003.

Dès son arrivée, Joulia se libère de la tradition pour construire une œuvre qui n’a pas d’équivalent en Europe, ni même dans le monde. Vivant dans une austérité assumée, elle s’inspire de la nature pour dessiner, peindre, et créer des sculptures et des pièces d’usage quotidien. Les hivers, elle quitte La Borne et entreprend de grands voyages durant lesquels elle cherche des traces et des signes qu’elle entrevoit dans les roches, les rivières et les déserts. Elle construit une œuvre toujours en évolution et irradiée d’une grande force.

Joulia est devenue un mythe et une référence dans le monde des céramistes. Avec ses œuvres les plus célèbres, les Amandes et les Éclosions, elle cherche à exprimer l’essence des vibrations de la vie. Les peaux se superposent, revêtent de délicates textures et éclatent sous la poussée des renflements.

L’argile, entre les mains de Joulia, donne lieu à une rencontre, exerçant sur celui qui découvre ses œuvres une sorte de fusion charnelle, comme une jouissance des facultés perceptives.

La rétrospective

La rétrospective de l’artiste réunit 150 œuvres en grès ou terres enfumées, une quinzaine de bronzes et des œuvres graphiques couvrant l’ensemble de ses créations, de son installation à La Borne jusqu’à sa disparition. L’exposition est construite en un cheminement chronologique de quatorze étapes qui retrace la vie et l’œuvre de Joulia.

Le parcours de l’artiste évolue de façon permanente, en fonction de ses quêtes spirituelles. On peut le résumer ainsi :
Les premières constructions abstraites, puis les pièces d’usage et les sculptures sont le tissu des choses simples, ramenées de la forêt : la graine, le fruit, les châtaignes, les amandes qui se défont de leur bogue. L’émail à la cendre, les terres ramassées et posées sur le grès deviennent mousses, écorces, lichens… Joulia établit une relation de présence immédiate avec le monde et atteint, dans les années 70, une extrême sensualité avec ses amandes et ses compositions s’inspirant à la fois de la nature et du corps féminin.

A partir de 1974, les grès blancs, très affinés, presque lisses naissent d’une méditation intérieure : Joulia concentre son attention sur l’énergie de la lumière. Elle veut que ses sculptures soient transparentes, rigoureuses et lumineuses.

Dès 1980, l’art de Joulia apparaît comme une ascension, un dépouillement progressif, une ascèse, un chemin vers l’essence du regard et de la vie. En quête d’un sens sur sa présence au monde, elle retourne aux origines des civilisations et à ses propres origines, à son enfance. Les compositions sont plus intimistes, secrètes. Elles sont le miroir d’une vie solitaire, dépendante d’une douleur qui est là, autour d’elle et qui vient de loin. Et quand elle travaille l’argile, elle en cherche le noyau, cette chose qu’elle a en elle et qu’elle essaie de dire pour partager ces moments de solitude.

Dans les années 1986-1990, commencent les grands voyages d’hivers. Vivant au rythme des saisons et des grues dont elle note chaque année les passages dans ses carnets, Joulia quitte sa maison glacée durant plusieurs mois et cherche au Fayoum en Egypte un profond accord avec le monde dépouillé d’artifices. Des terres enfumées, africaines, épurées naissent de ses méditations. Joulia poursuit sa recherche sur elle-même dans le désert du Soudan en 1997 et 1998, éprouvant une fascination pour les pierres car elle les considère comme des fragments des temps cosmiques. Elle exprime sa rencontre avec ces éclats de l’univers en créant des sculptures abstraites ou des volumes acérés dans lesquels elle enchâsse des pierres qui expriment une énergie vitale.

En 1998, elle modèle « Les Portes du désert » sculpture monumentale, qu’elle souhaite installer au Soudan.

Joulia croit en l’énergie de l’univers, en une seule et même énergie, une respiration immense de la matière et de la vie. Elle la cherche dans les forêts autour de La Borne et durant les derniers hivers, au bord de la rivière de l’Aille, dans le massif des Maures. Elle observe les signes gravés dans les arbres, les rochers, dans les broussailles. Rien de ce qu’elle voit – les trouées de la lumière dans l’eau, l’élan des arbres, l’ombre qui bouge sur les pierres tachées de mousse- n’échappe à ses sens. Elle retrouve dans ses dernières sculptures les inspirations des années 80.

La monographie

La monographie de Joulia paraîtra au moment de la rétrospective. C’est un ouvrage de 208 pages, au format 24 X 24 cm. Il est illustré d’un grand nombre de photographies et de documents qui couvrent la vie et l’œuvre. La vie d’artiste de Joulia s’affirme durant son enfance, silencieuse et solitaire, là où se prennent les grandes décisions et se cristallisent les refus. Elle y découvre la nécessité de puiser au fond d’elle-même les richesses des ressources intérieures: « J’étais neuve pour rentrer dans la vie, je m’y suis engouffrée tête baissée, sans grand discernement, mais avec une rigueur qui me stupéfie encore. J’avais une ambition au-delà de mes moyens, j’ai décidé de démarrer au point zéro. Je voulais être seule juge de moi-même.

Pour exprimer l’intensité des créations de l’artiste, l’ouvrage s’attache à faire vivre la vie intérieure de Joulia et à rejoindre ces points vibrants que constituent le secret et la solitude de l’atelier, faisant résonner à la fois la vie et l’œuvre, intimement liées. L’écriture suit Joulia dans ses recherches à La Borne et durant ses séjours en hiver, au Népal, en Égypte et au Soudan, dans sa quête inlassable de spiritualité. Elle fait entrer dans l’univers intime et artistique de Joulia, qui se définit avec un brin d’humour et d’autodérision par ces quatre mots :

La fleur et le roc

Ascétisme et passion

Joseph Rossetto

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Samedi 23 novembre :
16h30 : conférence de Joseph Rossetto. Mise en images par Emmanuel Charon. Lecture de poèmes de Joulia par Céline Baliki.
De 18h00 à 21h : vernissage

Ouverture .

A l’occasion de cette rétrospective, le Centre céramique contemporaine La Borne édite une monographie de l’artiste.

Infos pratiques

Horaires d'ouverture

Tous les jours de 11h à 18h

Tarifs

Plein tarif : 3€ / Tarif réduit : 2€ / - de 14 ans : gratuit