Du 16 Fév au 31 Mar 2019

Vernissage : 16 Fév @ 15h00

Je ressemblerai à ce que vous avez été, Grégory Chatonsky

Catégorie :

45 Loiret

Grande halle

Adresse :

234 rue des Ponts 45200 - Amilly

Fichiers liés :

Les dimensions imposantes de la Grande halle sont l’occasion pour Grégory Chatonsky d’envisager de nouvelles conditions scénographiques d’un projet d’envergure intitulé The Dream Machine.

Il crée un environnement immersif qui assimile la Grande halle à un centre de données ou data center.
Baies de stockage, câbles et racks reconstruisent le design de ce type d’infrastructures consacrées à l’organisation, au traitement et au stockage d’une grande quantité de données.

Un programme d’intelligence artificielle imaginé par Grégory Chatonsky apprend à générer des rêves à partir d’une base de données de 20000 témoignages de rêves recueillis à l’Université de Californie par Adam Schneider et G.William Domhoff.

Ces récits sont ensuite lus et associés à des images produites par un réseau de neurones artificiels d’après des mots clés choisis.
Les images issues de ces opérations d’apprentissage défilent sur les murs de la Grande halle transformée en chambre noire. Elles montrent des formes hybridant des catégories distinctes qui produisent un réalisme de la métamorphose : le vivant et l’architecture, l’insecte et la plante la terre et la technique…

À travers cette installation hypnotique, Grégory Chatonsky s’inscrit dans un héritage culturel qui, de la divination antique à l’interprétation psychanalytique des rêves, du surréalisme au dadaïsme et à la poésie concrète, explore le potentiel de sens généré par les collages aléatoires, mécaniques, statistiques.
La pénombre dans laquelle le visiteur est plongé favorise l’immersion et les projections mentales de chacun : la crainte d’oublier ses rêves au réveil, la tentative de les reconstruire, de se les raconter en produisant un récit chronologique à partir de séquences incomplètes, chacun d’entre nous en a fait l’expérience.

Comme le scénario d’un film d’anticipation, ce dispositif pointe également les dérives sécuritaires, centralisatrices et privatives liées à l’acquisition et à la conservation de données personnelles. » Qu’arrive-t-il quand une civilisation comme la nôtre devient hypermnésique et cherche, par tous les moyens, à mémoriser l’important comme le négligeable ? », écrit

Grégory Chatonsky.

À travers cette machinerie semble aussi se dessiner une fiction anticipatrice de scénarios liés à l’enregistrement constant de nos existences par les objets connectés qui infiltrent notre quotidien.
Les notions de mémoire, de trace, de scénario poursuivent ici les thématiques abordées avec le cycle d’expositions Script, scraps and tracks initié depuis octobre 2018, qui se prolongera jusqu’à l’été 2019.