Du 15 Avr au 31 Août 2019

Chant n°6, camp de base 194

Catégorie :

41 Loir-et-Cher

Organisé par :

Fondation du doute

Adresse :

6 rue Franciade 41000 - Blois

Renaissances

Comme aujourd’hui, la Renaissance aux XV e et XVI e siècles s’accompagne d’un changement de représentation du monde.
(Représentation géographique, nouveaux outils de navigation, découverte de nouveaux mondes, la Terre est affirmée ronde…)

L’Italie (Venise, Palerme), par son ouverture au monde et aux autres civilisations, fut par ses « zones de contact » en relation avec l’ailleurs insoupçonné ; le doute, moteur de l’aventure, lance les marins à la découverte de nouvelles terres.

C’est aussi le doute qui en mai 1924, lance quatre artistes dans une aventure des plus singulières de dérive pédestre.
Une ville, Blois, tirée au hasard sur une carte, va être leur point de départ.
Leur quête, un voyage exploratoire où vont se superposer dans un seul déplacement, les chemins imaginaires et ceux bien réels d’une expédition dans une direction choisie elle aussi au hasard.
Interrogation sur le sens à donner pour une telle expérimentation.
Doute quant à l’état d’esprit après dix jours d’errance au travers des paysages de Sologne.
Ils se nommaient Louis Aragon, Roger Vitrac, Max Morize et André Breton.

QUATRE ARTISTES FRANCHISSENT LES TERRITOIRES DU DOUTE…

Vahan Soghomonian, Matthieu Reynaud, Bertrand Grosol, accompagnés de Jean-Paul Thibeau, vont eux aussi franchir les territoires du doute et s’aventurer sur les chemins de nouvelles représentations.

Une équipée, individus réels et êtres imaginaires, va donc partir à la recherche d’une montagne probable, une montagne inscrite à l’intérieur d’une montagne, une montagne nouvelle, symbole d’universalité, un continent en « renaissance »…

« À partir d’une graine.
Il s’agissait d’une expédition.
Pour un territoire clandestin.
Où un groupe,
composé d’individus réels et d’êtres imaginaires,
s’était mis à chercher une montagne dans une montagne.

« À leur retour,
il leur fallait construire une arche montagneuse.
un « cerveau externalisé »,
pour contenir et rendre partageable,
ce qu’ils avaient trouvé sur la route.
Un lieu où superposer tous les temps.

La structure de l’arche avait pour modèle,
la charpente de la pièce allongée d’un château italien,
entouré de montagnes et de palmiers.
La montagne serait comme à l’intérieur d’un cerveau,
avec des pièces,
où,
certaines choses seraient en relation,
et où,
d’autres s’échapperaient.

Ils s’étaient dit,
en eux-mêmes,
que de montagnes en montagnes,
ils pourraient vivre une renaissance à l’envers. »

TROIS ÉTAPES :

1– Installation d’un camp de base – Zone de contact- à Blois, Cour du doute, Fondation du doute, mi-avril.
Début de construction d’une « arche composite » pour être visible dès la fin avril comme un signe fort, le point de départ d’une aventure emblématique.
Matérialisation d’un espace de réception de données, envoyées pendant la durée du voyage exploratoire des artistes…

2– Voyage exploratoire et expédition physique des quatre artistes aux confins d’un territoire non identifié mais bien réel (du 22 avril au 5 mai – 2 semaines)
– Localisation non connue, région montagneuse –
Confrontation de mythologies personnelles de chacun aux actualités de ce déplacement. Information et captation des événements, « marcottage », réalisation vidéos …
Mise en jeu et détournement des temps, des espaces, des êtres et des choses… Errance de résidence en renaissances… à la recherche d’une montagne nouvelle, symbole d’universalité, aller contre la pente à l’image de Pétrarque et de son ascension du Mont Ventoux (contre-ciel, contre-espace, contretemps, vertiges et doutes) …

3– Durant la deuxième partie de résidence à la Fondation du doute (juillet-août), construction, dans la Cour du doute, d’une « Montagne/Arche » réalisée à la suite du voyage : module satellite mobile – sculpture/installation sonore et musicale, pénétrable et praticable –
Matériaux hybrides à partir de récoltes et de recyclages, appareils et technologies obsolètes, données à recycler à partir de captations vidéos, espace destiné à se déplacer conçu pour être pratiqué par le public…

RETOUR EN ITALIE

Montagne flottante, nuage, espace d’exploration offert au public, cette création emblématique aura pour vocation de voyager, en premier lieu en Italie, comme un retour aux sources d’une Renaissance…

VAHAN SOGHOMONIAN

Né à Lyon en 1982, où il vit et travaille.

Diplômé de l’école supérieure d’art d’Aix en Provence.
Il construit des systèmes qui nous invitent à explorer de face notre imaginaire.
Ses recherches procèdent par analogie.
Une pyramide pour momifier des oranges tatouées de poèmes, amène à un orgue numérique interactif, qui conduit à un film au porte à porte, où des portails s’ouvrent, restent fermés, se ferment, jouant le paysage, derrière, à l’intérieur.

projet org -2015-

Le point d’origine plastique de ce projet est l’interprétation d’un ensemble d’objets observés sur le toit d’une usine abandonnée à Charleroi, en Belgique.
Des objets dé-fonctionnalisés, sous les étoiles, issus de l’architecture industrielle fonctionnelle.
Le projet est de les ouvrir à une nouvelle fonction, avec les puissances de l’imaginaire, de les re-fonctionnaliser. La nouvelle fonction attribuée est sonore, l’ensemble constitue un orgue numérique interactif.

projet Fytolit skholè – 2018

chateau d’eau – ens lyon
Construire une unité de croissance pour plantes de rue, développant une analogie entre les plantes de rues et les artistes.
Partant d’une diapositive trouvée dans les archives familiales, notre grand-mère posant devant un satellite russe des années 70.

 

BERTRAND GROSOL

Né en 1959 à Fort de France, Martinique
Vit et travaille à Lyon

création récente :

Le MamiWata – Projet de navigation intérieure *

Sur une structure flottante imaginée.
Joindre trois mers : Mer méditerranée – Mer du Nord – Mer Noire, par les
voies fluviales, les canaux.
Un aller à contre-courant du sud vers le nord.
Un flux inversé.
Une expérimentation singulière.

Vers une fiction du déplacement
Le projet MamiWata, projet de navigation intérieure, contient en lui-même sa part de fiction : l’itinéraire, son espace mental.
Sa part de réalité, trois lieux de construction de prototypes pour une navigation réelle, sur les bras morts, les rétrécissements, là où s’impose une déviation.
Ces trois points de constructions réelles et effectives seront reliés par une navigation imaginée, réalisée en cinéma d’animation en film fiction numérique ou dessinée.

MATTHIEU REYNAUD

Né en juin 1988 à Échirolles (Isère)

Matthieu Reynaud est un compositeur et musicien qui, au sein de sa facette expérimentale, travaille à partir d’une importante banque d’enregistrements/field recording.
En postproduction, MTUA s’attache à remodeler la matière brute et lui faire prendre de l’ampleur.
MTUA organise des concerts sauvages au creux de zones urbaines interpoles.
Explorateur des sous-terrains lyonnais, ceux-ci sont les théâtres de quelques unes de ses représentations.
Emmenant de petites troupes au sein des circonvolutions de béton et de calcaire du ventre de Lyon, créant des instants durant lesquels l’oreille s’aiguise pour saisir la mise en vibration de l’espace.

Avec le projet SILO, il tient à ne jamais faire fi du contexte d’écoute.
Depuis 2015, MTUA suit les cours d’Électroacoustiques de Bernard Fort (GMVL) en vue d’un diplôme d’étude musicale en composition électroacoustique et travaille la multi-diffusion à travers de multiples concerts acousmatiques.

JEAN-PAUL THIBEAU

Né en mai 1950 à La Teste de Buch, en Gironde, vit aujourd’hui à Rasteau (Vaucluse), est artiste-chercheur et enseignant.

La majeure partie de son activité s’appuie sur la notion de déplacement (méta) : déplacement physique et déplacement poétique (cf : protocole méta).

Après avoir enseigné à l’école supérieurs d’Art de Bordeaux, à partir de 2002, il a dirigé un laboratoire d’expérimentation artistique et enseigné à l’École Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence, pendant plus de 15 ans.

Il conçoit son enseignement comme une recherche et les ateliers auxquels il participe comme autant de laboratoires.

Il mène un projet intitulé « sauver le souffle  », depuis 1994, poursuite d’une méta-activité qui l’a conduit à circuler et à établir des relations avec la Côte d’Ivoire, le Népal, la Bolivie, au Maroc, aujourd’hui en Chine.

Les œuvres-installations de Jean-Paul Thibeau sont présentes dans de nombreuses
collections publiques, en particulier au Capc, Musée d’art contemporain de Bordeaux auquel il a fait donation de toutes ses « archives-anarchives »..