Du 26 Sep au 29 Nov 2020

Vernissage : 26 Sep @ 16h00

AFTERPARTY

Catégorie :

41 Loir-et-Cher

L'exposition AFTERPARTY, offre une forme à l'après, après l’événement, après la partie ouverte à la jeune génération d’artistes (...)

Organisé par :

Fondation du doute

Adresse :

6 rue Franciade 41000 - Blois

Plus d'infos

AFTERPARTY, exposition proposée par Élodie Bernard, offre une forme à l’après, après l’événement, après la partie ouverte à la jeune génération d’artistes, partie offerte à l’avenir certain d’un commencement ou d’un recommencement et à l’aventure nouvelle à vivre sans confinements…

En ces temps où le doute règne en maître, avoir programmé une année à la Fondation du doute consacrée à « Ce qui arrive », ce n’était assurément pas imaginer à quel point l’actualité transformerait 2020 en année événement.

« CE QUI ARRIVE​ »

« L’événement », comme notion, habite pleinement la création artistique et plus particulièrement les œuvres des années 1960-70, déployées dans les collections de la Fondation du doute. L’Event de George Brecht, le happening d’Allan Kaprow, l’art-action producteur de performances, le Eat Art rassemblant le public autour de ce qui se mange, les actions de rue de Ben, toutes ces formes d’expressions artistiques singulières manifestent un intérêt accru pour ce qui se produit, ce qui advient.

Cet intérêt porté à l’actualité du quotidien le plus banal par les générations Fluxus, Pop art et Nouveau Réalisme a produit un art reflet de notre société. Ce qui fait événement produit toujours du doute et engage les conséquences incertaines d’un avenir proche.
Cet avenir est excitant car imprévisible, effrayant parfois, laissant toujours la part insoupçonnée des possibles et dans « ce qui arrive », il y a toujours lié et chevillé aux faits, ce qui va arriver après.

Paradoxalement cet après est un commencement, une sorte d’avant ou de début. Nous avions préfiguré l’arrivée de Fluxus à Blois, en 2011, par l’exposition « Speech Objects », mise en œuvre par Étienne Bernard et le duo d’artistes « A constructed World ».
Il s’agissait avant toute chose d’une réponse par de jeunes artistes aux « préceptes » et aux influences Fluxus. Pour Blois[…], une sorte « d’avant » la présence forte, dès 2013 à la Fondation du doute, d’œuvres d’artistes incontournables associés à Fluxus comme Robert Filliou, George Brecht, George Maciunas, John Cage ou Ben.

Aujourd’hui presque dix ans plus tard, AFTERPARTY, exposition proposée par Élodie Bernard, offre une forme à cet après, après l’événement, après la partie ouverte à la jeune génération d’artistes, partie offerte à l’avenir certain d’un commencement ou d’un recommencement et à l’aventure nouvelle à vivre sans confinements…

En ces temps où le doute règne en maître, avoir programmé une année à la Fondation du doute consacrée à « Ce qui arrive », ce n’était assurément pas imaginer à quel point l’actualité transformerait 2020 en année événement.

L’exposition AFTERPARTY prend de fait une signification toute particulière : sera-t-elle l’empreinte d’une jeunesse aiguisée par le monde qu’il lui reste à inventer…
L’après-partie commence maintenant.

Alain Goulesque
Directeur de la Fondation du doute

AFTERPARTY

Il y a ce moment où l’on sent que son corps et son esprit vacillent. Tout se met doucement à basculer. On est bercé par le rythme ralenti de la musique qui lentement s’essouffle. Endormi par la lumière qui petit à petit vient réenchanter l’espace, après l’avoir électrifié de toute sa force. L’euphorie et les excès laissent place à une sorte de mélancolie joyeuse. Une effervescence qui s’estompe et se transforme. On se pose, ici ou là, on se laisse gagner par ces instants étirés – comme suspendu au rien. On entre dans le monde d’après. L’AFTER.

AFTERPARTY est une exposition collective qui tente de s’immiscer dans ce moment singulier. Prendre la respiration de la création nouvelle, c’est s’habituer à un souffle haletant.
Cette respiration, qui permet de ressaisir ce qui nous échappe, est propre à l’œuvre, à l’artiste et au processus de création. Aussi, ce moment de l’après n’est-il pas exactement semblable aux autres after connus précédemment.

Ce n’est plus le tranquille lâcher-prise de l’après-travail ou de l’après-repas, c’est un après qui par son essoufflement durable nous force à nous concentrer sur cet étirement, cette suspension. C’est un après qui s’étire, s’étiole, montre notre fragilité, et malgré elle ou grâce à elle, notre besoin de créer, de s’exprimer, de vivre.
Après l’après c’est différent de l’after d’avant qui faisait partie du bousculement, de la précipitation et de l’essoufflement. Ainsi, cette respiration nouvelle met en lumière ce qui auparavant paraissait marginal, éloigné du centre et inutile. Comme le souligne Claude Lévêque dans une interview donnée récemment : « […] l’art ça ne sert à rien, mais dans cette faculté qu’on a à être à la marge de tout, c’est peut-être ce qui est le plus nécessaire ».

Le paradoxe énoncé par l’artiste révèle la force de sa pensée : c’est parce que les artistes sont à la marge qu’ils sont nécessaires. Ils profitent de l’espace vierge laissé autour des centres d’agitation. C’est par la marge que l’on peut observer le centre.
AFTERPARTY permet d’interroger le sens politique de la fête, de ce qu’il en reste depuis les zones périphériques de l’après. Son arrière-goût amer et sucré nous intrigue et nous attire.
L’after englobe nos peurs et nos fantasmes, nous oblige à repenser le sens de cette fête qui nous a enivrés. Sous couvert de l’after, les œuvres réunies ici nous interpellent sur notre façon de penser, d’habiter, de façonner, de projeter ou bien d’abandonner le monde d’aujourd’hui.

Cette nouvelle génération d’artistes – dont les œuvres résonnent en nous comme une détonation — déconstruit les esthétiques établies, les codes érigés et adulés de la création artistique contemporaine actuelle. Une détonation qui renverse les illusions entretenues par notre société mondialisée, toujours plus individualiste.

AFTERPARTY n’est pas qu’un clown triste qui voit la party se terminer. Les œuvres choisies, parfois empreintes de mélancolie et de spleen, révèlent un regard lucide et combatif sur notre société. À travers elles, c’est tout l’engagement d’une génération qui se fait sentir, une véritable force collective s’en dégage, comme le rassemblement des voix en une puissance commune.

AFTERPARTY n’a pas vocation à poser un regard sur le monde ou faire prendre conscience de quelque chose. L’exposition rassemble simplement les travaux d’une génération en marge, la génération d’après : Une Nouvelle Garde.
Une génération qui rompt avec les académismes contemporains, sans vouloir s’insérer dans une mode. Après le temps des avant-gardes, cette génération d’artistes ouvre de nouvelles perspectives sur l’œuvre, la création, les systèmes de présentation, les circuits de l’art.

Les artistes réunis ici ne prétendent pas « faire du nouveau ». Ils observent le monde, ses failles et ses fissures. C’est dans ces fissures qu’ils créent leurs œuvres. Comme un nouveau souffle, un nouveau cycle commence, plus fragile.
L’AFTERPARTY.

Élodie Bernard,
Commissaire de l’exposition

Infos pratiques

Horaires d'ouverture

de 14h à 18h30 du mercredi au dimanche

Tarifs

Entrée libre