Du 06 Juin au 30 Août 2015

Vernissage : 05 Juin @ 18h00

Visions du monde retrouvé, Joseph Sima

Catégorie :

36 Indre

Aquarelles inédites et peintures

Adresse :

Rue de l’Hospice Saint-Roch 36100 - Issoudun

Le Musée de l’Hospice Saint-Roch d’Issoudun conserve deux œuvres de Joseph Sima, suite aux donations du couple d’artistes Cécile Reims et Fred Deux, proches du groupe surréaliste et des Visionnaires, nourris de la littérature et de la philosophie du Grand Jeu ; Une aquarelle, Sans titre, de 1960, ainsi qu’une huile sur toile, Chaos de 1959 accrochée en permanence sur les cimaises du musée depuis son acquisition.

Durant ces années, 1959 et 1960, Joseph Sima est soutenu par la galerie Le Studio. Fondée en 1951 par Paul Facchetti, celle-ci défend essentiellement les artistes de l’abstraction lyrique et de l’art informel. Sima se situe cependant en marge de cette abstraction. Jeanne Facchetti précisait alors : « Notre choix se porte vers des œuvres à la fois lyriques et poétiques. Nous ne nous sommes pas nécessairement consacrés à l’art non figuratif. (…) Nous soutenons également Joseph Sima que nous admirons beaucoup et qui est un figuratif très poétique ».

Figuratif poétique, « Architecte de la lumière » selon Paul Facchetti, c’est cette poésie, et une métaphysique de la lumière qui caractérisent désormais l’œuvre de Joseph Sima, qu’il explore pendant plus d’une décennie : « C’est la lumière et l’unité de toutes choses qui constituent le sujet de ma peinture, c’est l’unité de la matière dont la lumière est la manifestation la plus sublime, lumière conçue non pas comme un fluide mystérieux éclairant les objets, mais comme une force créant l’existence des objets ».

Depuis la grande rétrospective du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, en 1992, très peu d’expositions monographiques mirent à l’honneur l’œuvre de Joseph Sima. Seules les galeries Thessa Herold en 2001, L’Or du temps et les Yeux fertiles en 2005, lui ont consacré une exposition.
Peu présent dans les collections publiques françaises, c’est à Prague que se tint la dernière rétrospective, en 2006.
Si l’exposition du Musée des Beaux-arts de Reims en 2003, dédiée au Grand Jeu et ses relations avec le surréalisme, permettait d’examiner l’œuvre des années vingt et trente, durant laquelle il se distinguait comme le peintre du groupe, c’est à la seconde partie de son œuvre, la période d’après-guerre, de 1950 à sa disparition en 1971, que se consacre cette exposition.

Grâce à la collaboration de collectionneurs, animés par la volonté commune de partager leur admiration pour l’oeuvre de Sima, nous avons le privilège de réunir un ensemble inédit de soixante dessins, au fusain ou à l’aquarelle, datés de 1959 et 1960. Tous proviennent du Studio de Paul Facchetti alors situé 17 rue de Lille à Paris dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés. L’unité, l’harmonie de l’ensemble, auxquels s’associent les lithographies du Sacre et Massacre de l’amour et quelques épreuves d’essais issues de l’atelier Pons, contribuent à restituer l’esprit d’une œuvre sur une période restreinte de deux années. Nous l’avons complété d’une vingtaine de peintures empruntées auprès d’institutions publiques ou de particuliers.

L’essentiel de cet ensemble, une cinquantaine d’aquarelles, illustre les nouvelles recherches picturales de Joseph Sima engagées depuis le milieu des années cinquante. Réalisées sur une composition rapidement esquissée au crayon de graphite, rehaussées de gouache, de pastel, de crayons de couleurs ou d’encre de Chine, ces aquarelles sont autant de variations, d’études
achevées.

La technique même du lavis sur papier, impose une rapidité d’exécution, une spontanéité toute maîtrisée, particulièrement adaptée à la sensation visuelle qu’il souhaite transposer sur la toile. La fluidité du lavis émet la transparence et la clarté de la matière, qu’accentue parfois la réserve du papier. Elle crée, dans l’espace délimité, une profonde aspiration du regard qui conduit à percevoir au-delà d’un halo diffus, une sensation de dilatation de l’espace.

Nous avons sollicité pour la présentation de l’œuvre de Sima, Etienne Cornevin, philosophe de formation, auteur d’une thèse, sous la direction de Gilbert Lascault, sur les Figures et esthétiques de l’art contemporain en Tchécoslovaquie. A l’occasion d’un séjour de douze ans, entre 1976 et 1988, il a découvert une génération d’artistes, représentants d’une « abstraction symbolique », pour qui, art, poésie et philosophie sont étroitement liés et pour lesquels Joseph

Sima est une référence absolue. Etienne Cornevin nous révèle au terme de son étude sur l’œuvre de l’artiste sa filiation chez quelques contemporains tchèques ou slovaques ; Vaclav Bostik (1913-2005), Jiri Kolar (1914-2002), Ladislav Novak (1925-1999), Adriena Simotova (1926-2014), Rudolf Fila (1932-2015), Igor Minarik (1948) et Daniel Fischer (1950). Une salle est consacrée à ces continuateurs de l’utopie simienne.

Patrice Moreau, conservateur

Autour de l’exposition :
– Rencontre avec Etienne Cornevin, philosophe et critique d’art : Samedi 6 juin à 15h
Gratuit

– Publication
Un ouvrage est publié par le musée de l’Hospice Saint-Roch d’Issoudun,
et les éditions Gourcuff Gradenigo, 2015.
Joseph Sima : visons du monde retrouvé, aquarelles inédites et peintures
Format : 17 x 24 cm. 112 pages. 70 illustrations.
Textes de : Etienne Cornevin (philosophe, critique d’art), Visions du monde retrouvé (à la recherche de l’illumination perdue), Chronologie détaillée, Une anthologie de l’artiste présente des textes de René Daumal, Rudolf Fila, Adolf Hoffmeister, Věra Linhartová, Marie-Hélène Popelard et Joseph Sima.

Commissariat de l’exposition :
Patrice Moreau, conservateur au Musée de l’Hospice Saint-Roch à Issoudun.