Du 28 Sep au 10 Déc 2019

Vernissage : 27 Sep @ 17h00

Trans’Humanité, Philippe du Crest

Catégorie :

37 Indre-et-Loire

photographie

Adresse :

Chai Pierre et Bertrand Couly Route de Tours - 1, rond-point des Closeaux 37500 - Chinon

Fichiers liés :

La nouvelle exposition au Chai Pierre et Bertrand Couly propose un ensemble d’une vingtaine de tirages de la série Trans’Humanité de Philippe du Crest.

Photographe marseillais, il nous offre à regarder celles et ceux qui l’entourent, fasciné comme il le dit lui-même par le corps.
Mais dans sa série photographique réalisée entre 2012 et 2019 et intitulée Trans’Humanité à quelle identité sommes-nous confrontés ?
Nous nous posons la question, tout comme le photographe l’a posée face aux Trans’ qu’il est allé rencontrer non pas pour éclaircir un soi-disant mystère mais pour mieux comprendre à travers l’image donnée, à voir ce qui fait que pendant des siècles des personnes se sont retrouvées seules, stigmatisées, incomprises, malmenées par notre société et les lois du genre binaire qui la régissent.

Il n’y a pas dans sa démarche une attitude intellectuelle particulière mais, tout comme dans sa précédente série (Agents de lumière) l’affirmation d’un engagement à travers l’image.
Portant un regard bienveillant sur le sujet abordé, il nous éclaire, le révèle en quelque sorte, ce qui est l’essence même de la photographie.
Dans ces conditions, comment met-il en place son processus photographique qui va régir, sous-tendre la série, lui donner un sens, celui de la relation du voyeur et du regardé ?
Chacun donne de soi pour écouter l’autre et nous amener à entrer dans cette relation de complicité qui amènera ainsi ces Tran’s à se dévoiler encore un peu plus.

Autrement, afin de changer notre regard sur cette minorité mal acceptée, souvent encore en souffrance par rapport à la société, à la famille, aux institutions.

Cette série nous informe donc également sur le photographe lui-même dans son rapport à l’autre et dans celui de l’art du portrait qui traverse aussi bien la peinture que la photographie.
Ce n’est donc pas anodin si une logique esthétique se met en place : procédé de lumière en halo, un certain type de poses (bras en croix, position assisse dans un fauteuil*, portrait sur fond de paysage), frontalité, évoquant des références picturales certaines.

Il nous ancre ainsi dans une réalité qui finalement nous semble familière et nous permet – peut-être – d’accepter un peu mieux, un peu plus, les modèles observés.

Philippe du Crest nous révèle ainsi des personnes d’un genre autre que celui imposé par la nature, mais surtout des identités qui véhiculent, comme tout un chacun, leur plénitude, leurs failles, leurs doutes.
Il sait amener son modèle à se confier visuellement face à son objectif.
Il entre dans une certaine intimité par la voix, le dialogue, puis si la complicité s’installe, alors la prise de vue a lieu.
La rencontre se passe la plupart du temps chez le modèle, (maison, atelier, jardin), ce qui fait son moi intime à un moment donné, le temps T de la photographie et qui lui donne son sens, même s’il nous est dissimulé.
Ou bien, la rencontre a lieu en extérieur mais dans un lieu dont la neutralité n’est qu’illusion.

Un détail surgit en effet, qui devient évocateur, capable de recréer cette intimité.
La présence du fauteuil ou de la cigarette, de l’escalier, des jonquilles, du pilier rouge font partie de la composition de l’image mais pas que ; ils deviennent les éléments constitutifs de ce qui fait un portrait.
Dans les tableaux classiques, on retrouve ce principe du détail qui va singulariser le modèle (montre, vêtement, livre, etc.) dans un espace-temps donné.
A chaque photographie existe une anecdote révélatrice de l’histoire de chacun(e), mais aussi ce que le photographe a su percevoir ce qui fait que ces Trans’ sont eux ou elles-mêmes, devenant alors par leur statut de modèles des icônes modernes.

Différents niveaux de lecture peuvent ainsi se croiser, enrichissant l’image.
Philippe du Crest à travers ces portraits en pied lève le voile non seulement sur des êtres mais aussi sur notre société aujourd’hui.

L’intemporalité surgira malgré tout car la sobriété et la sincérité de ce regard nous défient et offrent à ses modèles l’infinitude.

Nathalie Béreau, galeriste – juin 2013-septembre 2019

* On peut évoquer à ce propos le portrait d’Otto Dix « La journaliste Sylvia van Harden »

Philippe du Crest, Série Trans’Humanité, Bryan, Tirage pigmentaire sur papier contrecollé sur aluminium, 12 ex. 2019

Parcours de Philippe du Crest

Né en 1959 à Marseille. Vit et travaille à Marseille.
Issu d’une famille dans laquelle sa mère artiste peintre lui fait découvrir l’art dès son plus jeune âge, c’est en autodidacte que Philippe du Crest découvre la photographie qu’il pratique le soir, dans le quartier du Panier.

C’est l’apprentissage de l’argentique, technique qu’il abandonne au moment où il débute ses études en sciences économiques.

Plusieurs métiers se succèdent alors jusqu’à une formation en photogravure.
Devenu imprimeur à son compte pendant plus de vingt ans, il se frotte aux nouvelles techniques de l’offset et aux bouleversements de ce métier.

En 2006, il reprend la pratique de la photographie, numérique cette fois, et de « manière sérieuse » comme il aime à le souligner.

Il mène depuis lors une activité de photographe indépendant, développant un travail de recherches qui l’amène à produire plusieurs séries et à ses premières expositions.

Infos pratiques

Horaires d'ouverture

Tous les jours : 10h-12h30 / 14h-18h30

Tarifs

Entrée libre