Du 12 Oct au 22 Déc 2013

Vernissage : 12 Oct @ 16h00

Révolutions d’octobre, Philippe Poupet

Catégorie :

37 Indre-et-Loire

Adresse :

Place du Général de Gaulle 37500 - Chinon

Plus d'infos

Philippe Poupet est né à Villeneuve Saint-Georges en 1965. Diplômé en 1988 de l’école des beaux-arts de Bordeaux, il vit et travaille à Toulouse.

Depuis plusieurs années, Philippe Poupet utilise et détourne les techniques de la sculpture classique (modelage, empreinte, moulage) en faisant de ces procédés de reproduction de véritables générateurs de formes nouvelles. Ainsi, en s’appuyant sur des objets prélevés dans notre quotidien (parapluies, balises routières, cônes de Lübeck, postes de télévision…), Poupet réinvente autant de concepts inédits, de formules courtes, d’objets érectiles qu’il pose comme de véritables aphorismes pour signifier l’ordinaire étrangeté du monde.

…/ Je m’en tiens souvent à des choses élémentaires, à des premiers jets. Je fais péter l’encrier pour voir les premières gouttes qui tombent. Je ne me base jamais sur une figure. Je ne cherche pas à respecter un croquis. Mon intuition est toujours concomitante de mon expérience de la matière. J’ai toujours eu du mal à figer ma pratique dans une terminologie. Je ne m’occupe pas des catégories, je cherche à renouveler des expériences qui marchent plus ou moins bien, de leur trouver une suite à travers l’exposition. Je ne décide pas à l’avance où ça va aller. C’est dans l’assemblage final que tout se décide, se fige et se pense, autrement.

…/ L’intervention que je fais sur le matériau, c’est essentiellement de l’entamer. Quand on prend un pain d’argile, on commence à mettre l’empreinte de ses doigts, on se saisit d’une partie, on l’entame, on l’écrase, on la plie. Une façon d’entamer le matériau comme on marche sur la neige, en y laissant ses pas. Il y a dans le processus de création des intentions qui se figent dans la matière, un peu comme, accompagnant la pensée, le regard se fixe, le long d’une route, sur une balise ou un chemin creux. /…

In Simply Click, texte d’Yvan Poulain, février 2010
en Italique : Interview de Philippe Poupet, réalisé le 30 janvier 2010

poupet
« Une petite photo est accrochée au mur, à l’entrée, elle est pliée en deux. C’est un avion, photographié dans le ciel toulousain, depuis le perron de la maison de l’artiste. Chaque passage aéronautique, vu d’en bas, est scruté comme l’augure. Il est question d’un geste. Au moment de déclencher l’obturateur de son appareil, le sculpteur essaye de faire tenir l’engin en équilibre sur son empennage, selon une ligne imaginaire. Elle sera révélée sous la forme d’un pli dans l’image, comme un socle, pour dresser l’aéronef en position verticale.

Deux sculptures en aluminium à présent, émergent chacune d’un socle, dans un fouillis de bulles, de barbes, d’excédent de matière qui brouille la vision. Un sentiment d’inachèvement nous envahit. Tout le travail de ciselure reste à faire. On distingue des doigts, des carottes, un nez, plongeant ou s’extirpant d’une tête aux yeux clos.

Au milieu de cette atmosphère étrange, des formes tubulaires et blanches flottent, suspendues à hauteur des yeux. Comme des trajectoires dirigées en tous sens, elles viennent compliquer l’espace de la galerie. Aucune ne figure quoi que ce soit. Des cheminements se tordent, vrillent, virevoltent au hasard. Chacun a une forme différente. Leur matérialité livre quelques secrets sur le procédé qui les a vus naître : des concrétions hérissées, des traces de brûlures et de matière fondue…

Plus loin un étrange parapluie est disposé au sol, dans un mouvement de retournement, comme si un coup de vent venait de se produire. En s’approchant, on distingue une forme en plâtre, encadrée par le manche et la toile. C’est l’empreinte, le fossile, l’image rémanente du parapluie ouvert, intact, avant l’orage.

Un autre fossile attire l’attention. Un bloc de matière cireuse, un parallélépipède, strié de détails curieux et de traces d’argile. Sur une surface sont enfoncées des billes de polystyrène. On distingue la trace d’un poste de télévision, les billes faisant alors écho à la neige d’un appareil allumé qui ne capte plus aucun canal, aucune forme d’actualité que sa matérialité brute.

Il y a aussi un petit objet qui traverse l’exposition, planté dans un des murs. On le reconnait, c’est un boomerang. A y regarder de plus près, on voit que l’une de ses pales a été coupée, puis retournée et recollée. Son aérodynamique a été modifié au point que, malgré tous les efforts possibles, cet objet ne pourra jamais revenir vers son lanceur et sa course offrira une infinité de nouvelles trajectoires.

Ces Révolutions d’octobre sont autant de propositions de changements, de bifurcations de formes et de sens, de ce qui, partant d’une même intention d’origine, pris par les aléas du vent ou du hasard, ne revient jamais tout-à fait à la même place. » (Philippe Poupet)

Informations pratiques
Visites commentées avec Dominique Marchès, commissaire de l’exposition, les dimanches 17 novembre et 15 décembre à 17h.

Ouverture de 15h à 18h tous les jours sauf lundi et mardi. Entrée libre.

Renseignements :
Direction de la culture et du patrimoine,
43 rue J.J Rousseau, 37500 Chinon
02 47 93 04 92, culture@ville-chinon.com