Du 23 Mar au 08 Mai 2019

Vernissage : 23 Mar @ 18h30

Peintures 2018-2019, Joël Fremiot

Catégorie :

36 Indre

« C’est comme un gribouillis de zigzags dans le lait obscur qui précède l’aurore ». (Pascal Quignard, La vie n’est pas une biographie, éditions Galilée, 2019)

Adresse :

Moulin du Rabois 36200 - Argenton sur Creuse

Ce ne sont pas vraiment des peintures, c’est avant la peinture, avant la forme, lorsque la couleur encore muselée irrigue à peine les plaques disjointes du pavement prémonitoire de l’indocilité.
Une passe peut-être un mot de passe.
Le tracé sauvageon du presque-signe rêche.
La chaste délinquance d’une fausse pudeur de l’exhibition assombrie.
Quelques surfaces noircies, foyers d’ombres flétries où se chamaillent le nulle part et le proche d’une conciliation entre des lointains bousculés.

Quoiqu’on ne sache plus ce qui charbonne puis se dérobe dans l’angle.
Autre chose qu’un tableau à venir qui semble n’être plus que l’épars, l’émiettement d’un inenvisageable moelleux visible.
De l’obscurité se refermant sur elle-même, de biais.
Un penchant pour le brouillon, du brouillé laissé-pour-compte, un pendillon qui ne ferait que décompter.
Un engouffrement et sa rengaine, son engluement dans le fablier obsolescent gribouillé çà et là derrière la cloison de l’hébétude.
Tout au plus, un minuscule balluchon de réminiscences que bazarderait le peintre afin de recouvrer ses manques d’élégance de passe-lacet.
Au moins, des résidus d’historiettes berceuses qui viennent frapper à la vitre lors d’un coup de folie.
Au moins, un embrouillamini de chassie en guise d’alphabet auroral.
Alors, la peinture ne serait plus qu’accueil d’accessoires à déposer sur le morfil d’une indécision où le tremblotement de la main enchatonnerait des non-commencements amatis.
Rien que l’agrafe bleue liée à l’ouvert ; rien que la ligature vermillon dans la cassure verglacée d’une bogue évidée ; rien que le point d’attache jaune entre deux froissements en transit.

Cependant, schématiser naïvement, sans craindre l’éclaboussure sèche du dehors, serait une manière d’amorcer un possible face-à-face avec un hypothétique ressaisissement sur le fil en bordure, là où, si près de se volatiliser, vient s’enclore l’épanouissement coudé du dessin.
Des remontrances au peintre qui n’en a cure.
Peu de choses, il s’agit d’un éloignement et de quelques brisées juste entraperçues à la frange d’une négligence temporaire.
Toutefois des égratignures soulèvent la trappe.
Des fêlures gesticulent dans les banlieues étriquées de ces badigeons trop opaques.
Une résille imprime son arrachement à la marge.

Un microcosme fibrillaire, apparemment abandonné au milieu d’une encoignure, s’escrime
en vain, si près de se dissoudre sous l’ébarbage d’une ornementation zébrante.
Un trait titube.
Une ligne est brisure.
Une éraflure entaille sa parcelle clarifiée.
C’est le récit de l’éraillure : chronique intimiste d’un indéniable laisser-aller, d’un laissez-passer aussi.
Coupe-file pour aller, au plus vite, fureter du côté de l’ébauche ; aux alentours de l’agacement, à proximité des prémices, aux abords du prélude, dans le voisinage du croquis inaccompli.
Arcures d’un écart oblique et la pliure peu marquée par le passage du pinceau pataud. Lissages rompus.
Surfaces grumeleuses aux empâtements rebelles.
Surplus agglutinés devant des broussailles d’indices qu’il faudrait préserver pour mieux inciser l’écorce d’un dialecte entravé.
Un lieu où s’élaboreraient des formulations indéterminées, des traversées sans terme ; où s’insinueraient les rouages d’une insistance dans les contrées de l’abrupt.
Un séjour bref.
Ce ne sont pas vraiment des peintures, c’est après la peinture, après la barrière du voir lorsque, au fond du trou, d’infimes repères miment et minent un acquiescement au provisoire raidissement de l’impatience.
Du délaissé en creux, du délesté, un pendant de peinture avec des pendeloques autour.

Joël Fremiot

Infos pratiques

Horaires d'ouverture

de 15 heures à 19 heures les vendredi, samedi, dimanche et sur rendez-vous au 02 54 24 58 84.

Tarifs

Entrée libre