Hereros, la mémoire d’un peuple massacré, Stéphan Gladieu

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Entre 1904 et 1908, l’armée impériale allemande massacre et déporte des dizaines de milliers d’hommes et de femmes du peuple herero sur un territoire qui deviendra la Namibie.

Meurtri, humilié, retranché dans les terres les plus arides du pays, le peuple herero a survécu. Son martyre s’est transmis à travers les générations.
Chaque année, en octobre, entre 5000 et 9000 Hereros se rassemblent à la colline d’Osombo zoWindimbe.
Depuis 2008, le lieu est officiellement devenu un parc historique (Ozombu
Zovindimba Cultural Center).

Après la guerre, les hommes ont adopté un uniforme qui évoque… celui des soldats allemands ! Képi, veste kaki… Les femmes portent des robes à larges volants dont le patron est calqué sur la mode victorienne.

Dans le contexte africain, le chasseur revêt la peau de la bête qu’il a tuée.
De même, le soldat s’empare de l’uniforme ennemi, preuve de sa victoire.
Après le génocide, l’uniforme et la robe sont devenus leur identité.
Ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir la tenue bricolent le mieux possible une chemise verte ou kaki.
Des éclats de miroir font parfois office de médailles, une fourchette et une cuillère peuvent ornementer le ceinturon.
Ils se présentent en annonçant des grades : commandant, lieutenant… Pour saluer, ils bombent le torse et se mettent au garde-à-vous…

L’histoire de la Namibie a ceci de particulier : l’indépendance n’a pas entraîné le départ des colons. Leurs descendants forment la communauté namibienne blanche qui exploite des terres conquises il y a plus d’un siècle.
Adrien Gombeau
/Le Figaro Magazine

Adrien Gombeau

J’ai 12 ans, en Roumanie.
La voiture s’envole, je traverse le pare-brise.
Cet accident m’ouvre sur un autre monde, les autres et la richesse de nos différences.
Mon chemin s’impose doucement : devenir une passerelle vers autrui.
Je m’attache à l’histoire d’anonymes à travers le monde, tente de les raconter avec humanisme.
Photographier, c’est rentrer dans l’intimité sacrée de l’autre et parfois, rompre le charme.
C’est à cet instant que la photographie prend sens, force et grandeur : dans
ces moments de doute et d’extrême précarité psychologique.