Du 12 Jan au 16 Fév 2019

Vernissage : 11 Jan @ 18h00

Des Vivants, des Vins

45 Loiret

Organisé par :

Scène Nationale d'Orléans

Co-organisé avec :

Collectif Vin/Vivant

Adresse :

Boulevard Pierre Ségelle 45000 - Orléans

Fichiers liés :

L’exposition

Soit un rituel survivant. Il implique des gens, des verres, une table. Et au centre, le contenant, la bouteille-totem, celle qui renferme en partage du vin et des histoires. Mais il nous reste à décider de ce que sera le cœur sacré de notre rituel. Pour cela, nous devons choisir les récits que nous allons faire émerger des lies indistinctes qui tapissent le fond de la bouteille. Des histoires d’arômes, de cuir, de tanins, de robes et de fruits mûrs ? Des contes de vignerons, de cavistes, de laboratoires et de coopératives ? Des images de gel, de sécheresse, de pesticides, de mildiou, d’engrais et de soufre ? Des chants de levures, de lisières, de chevreuils, d’herbes, de lianes et de collemboles ? Les mythes du silex, des bassin-versants, du calcaire, de l’argile et de la roche-mère ? Du tissage de ces fils, naît la possibilité d’une rencontre entre les vivants et les récits infinis de leurs relations. Un endroit où l’humain n’est plus que l’une des mailles du filet. C’est autour de cette table commune que nous voulons faire l’expérience des vivants et des vins. Car dire une robe, un nez, un arôme ou une ivresse, c’est invoquer aussi des mains et des microbes, des bouches et des becs, des luttes et des alliances, des narines et des bulles, des chants et des mots, des êtres du sol et de la cave, du soleil et de l’ombre.

Conception : Collectif Vin/Vivants – Emmanuelle Blanc, Denis Chartier, Aurélien Gabriel Cohen
Régie technique et menuiserie : Rodolphe Noret
Montage : Mélanie Bénard et Lison Sanabria
Travail du métal : Michael Buckley

Avec l’œuvre de Julien Salaud, Constellation du brocard, avec l’aimable autorisation de la galerie Suzanne Tarasieve

Avec la participation de Noëlla Morantin, Jean-Marie et Thierry Puzelat, Hervé Villemade

Ainsi que Bruno Allion, Michel Augé, Didier Barouillet, Juliette Bouchaud et Julien Pineau, Julien Courtois et Heidi Kuka, Matthieu Meilhac, Laurent Saillard, et toutes les mains, les oreilles, les yeux, les nez, les pieds et les bouches qui les accompagnent.

 

Nous tenons à remercier tout particulièrement les geais des chênes qui nous ont révélé le bon endroit, Siegfried Hand et Gaël Martinet de chez Flux, l’Atelier Philippe Guilvard, Stéphanie Allard et Benoît Dudognon de l’Atelier Papetier, Michala Marcus et Kent Carter du Studio Juillaguet, l’Atelier Gaëlle Bernard, Amalia Aires et l’équipe de Corbet, Jean de Chatelperron et Sologne bois design, Guillaume Brabant, les microbes qui ont chanté avec nous, les équipes de la Scène Nationale et du CDN qui nous ont accueilli, les chevreuils qui se sont laissés voir et ceux qui nous ont observé bien cachés, les Becs à Vin qui nous ont abreuvé, toutes les plantes qui nous ont offert leurs noms, leurs odeurs et leurs racines, Mathieu Meunier qui nous a accompagné, tous les arbres qui nous ont abrités, Christelle Pineau, Philippe Gasnier, Rémi Mazet, Marc Picavez pour leurs beaux films, le chêne qui nous a donné son bois, Anne de Malleray, ainsi que tou.te.s les chercheur.e.s, artistes et ami.e.s qui nous ont inspirés.
Et bien sûr Françis Nibart, Julia Nivan, Emilia Sanabria, Angèle-Lou, Zoé et Luce Isadora.

Le projet Vin/Vivants bénéficie de l’aide de la région Centre Val de Loire, de l’Agence Nationale de la Recherche (projet IDAE) et de l’Unité Mixte de Recherche Ladyss – Université Paris 7 Denis Diderot.

Programme

Vernissage

Avec des chevreuils, du jus de raisin, des blaireaux, le collectif Vin/Vivants, des lapins, des vigneron·e·s, des oiseaux, des ami·e·s, des arbres, une foule invisible et une assemblée végétale.

Vendredi 11 janvier 18h au Théâtre d’Orléans
Entrée libre

Performance – Devenir #1

Prenez un verre et une bouteille. Deux choses qui contiennent d’autres choses — des liquides et des vivants. Inspirez, expirez, buvez. Sentez et devenez ces êtres qui s’insinuent en vous.

Samedi 12 janvier 17h au Théâtre d’Orléans
Gratuit sur réservation

Performance – Devenir #2

Des vignes, un fil de fer. Soudain, deux oiseaux s’y posent et vous regardent longuement. Des geais. Prêtez l’oreille, volez et ouvrez les yeux, car ils savent où se cachent les mille trésors enfouis.

Samedi 19 janvier 17h au Théâtre d’Orléans
Gratuit sur réservation

Habiter, Éprouver, Raconter

Une journée d’études en présence d’artistes et de chercheur·e·s pour discuter ensemble de ce que la catastrophe écologique fait à l’expérience sensible et à nos relations aux autres vivants.

Vendredi 25 janvier 10h-17h au Théâtre d’Orléans
Entrée libre

Performance – Devenir #3

Vivre tordu, taillé et ligoté. S’enraciner toujours et persévérer à n’être jamais qu’une liane horizontale. Mais être aussi photosynthétique, la colonne qui porte, ici, et le ciel et le sol.

Samedi 26 janvier 17h au Théâtre d’Orléans
Gratuit sur réservation

Hors les murs

Table ronde autour de la conférence gesticulée de Vinvent Viala, Le Grand Tri, sur l’urgence de repenser l’écologie politique et de déjouer les pièges du néo-libéralisme.

Mercredi 30 janvier 18h au Bouillon
Spectacle sur réservation

Finissage

Samedi 16 février au Théâtre d’Orléans
Gratuit sur réservation

14h – Salle Vitez – Projection des films de Christelle Pinaut, Philippe Gasnier et Marc Picavez

15h30 – Salle Vitez –
Table ronde en présence des vigneron·e·s
(Noëlla Morantin, Thierry Puzelat, Hervé Villemade)

17h – Mezzanine – Performance – Devenir #4

18h – Mezzanine – Apéro de clôture

Le projet collectif Vin/Vivants

Pensé comme un projet hybride entre sciences humaines, arts plastiques et sciences du vivant, Vin/Vivants entend rendre sensible les réponses que des pratiques situées et attachées à un territoire peuvent composer face à la crise écologique contemporaine.
C’est dans cette perspective que nous avons fait le choix d’un territoire — une portion des vallées du Cher et du Beuvron, entre Blois et Saint-Aignan — et d’une pratique — la viticulture « naturelle », qui se caractérise par un travail de composition avec les processus vivants.
Cette articulation entre un territoire et une pratique nous semble à même de constituer un terrain d’enquête dans lequel se rencontrent le local et le global : un carrefour de problèmes éco-politiques depuis lequel interroger les modes de relations au vivant qui s’inventent en marge des modèles dominants, des mystères de l’ivresse à ceux de la biologie des sols, de la cohabitation du vigneron et du chevreuil à la relation aux levures indigènes.

Comme l’a montré Roger Dion dans un ouvrage devenu classique, l’histoire de la vigne et du vin est si ancienne qu’elle se confond avec l’histoire de l’humanité — ou plutôt d’une humanité, celle d’où sont partis les fondements de l’événement Anthropocène. Cet évènement qui marque, avec la catastrophe écologique contemporaine, notre entrée dans une nouvelle ère géologique acte un changement historiquement inédit du cadre de l’action humaine.
La vigne et le vin ont représenté un élément important des sociétés humaines occidentales, intimement associés à leurs économies, à leurs cultures et à leurs mythes. Travailler sur la vigne, l’une des plantes emblématiques du néolithique européen et de l’Holocène, n’est donc pas anodin.
Elle a été un élément structurant de l’écologie dans laquelle la civilisation occidentale s’est construite. Face aux bouleversements contemporains de cette écologie, Vin/Vivants entend explorer les pratiques de ces vignerons qui tentent de répondre à ces changements du tissu écologique, à « l’intrusion de Gaïa » pour reprendre l’expression de la philosophe Isabelle Stengers. Autrement dit, il s’agit de mieux saisir ce qui se joue dans ces manières de continuer à être viticulteur dans une autre ère, face à l’urgence de repenser nos relations aux autres vivants.

Comprendre les implications écologiques et politiques d’une situation comme celle de la viticulture implique donc de décrire les modes, les formes et les mutations des relations qui s’y nouent. Pour saisir ces transformations, il faut donc (re)devenir sensible aux attachements, aux vibrations, aux échanges qui se tissent et se construisent sur ces territoires qui sont aussi nos territoires, dans leur proximité conjointe avec nos lieux de vie et nos pratiques de buveurs.