Du 16 Fév au 12 Mai 2019

Vernissage : 15 Fév @ 18h00

Annoncez la couleur ! Gérard Fromanger

Catégorie :

36 Indre

Commissariat d’exposition : Patrice Moreau, conservateur au Musée de l’Hospice Saint-Roch, Issoudun. & Claude Guibert, réalisateur et producteur de films sur l’art contemporain.

Adresse :

Rue de l’Hospice Saint-Roch 36100 - Issoudun

Fichiers liés :

Invitation à redécouvrir l’œuvre colorée et engagée dans le monde du peintre, cette exposition rassemble une soixantaine d’œuvres (toiles et œuvres sur papier) parmi lesquelles de nombreux grands formats, de la fin des années 1960 à 2017.

Des dessins et œuvres sur papier sur présentés dans le cabinet d’arts graphiques du musée.

Auteur d’une œuvre fondamentalement en prise avec notre époque à la fois tourmentée et avide d’images, œuvre engagée entre peinture et politique, se jouant des médias que sont la photographie, la télévision et la vidéo, Gérard Fromanger (né en 1939) est un représentant éminent de la Figuration narrative.

Il est aussi un artiste plus complexe qu’il peut paraître au premier abord, et cette exposition en présente de multiples facettes : peintre de la couleur mais aussi et surtout peintre des bouleversements sociaux et politiques de mai 68 aux migrants d’aujourd’hui, peintre enfin des rencontres et des amitiés avec artistes et intellectuels de la deuxième moitié du XXe siècle de Doisneau à Prévert en passant par César, Giacometti, Michel Foucault, Gilles Deleuze, Régis Debray, ou Félix Guattari.

Batailles n° 11, 1995
Huile sur toile 130 x 97 cm
©Photo Claude Guibert
Collection particulière

Parcours de l’exposition

L’exposition « Gérard Fromanger. Annoncez la couleur ! » est présentée dans la grande nef du musée de l’Hospice saint Roch d’Issoudun avec une scénographie conçue pour accueillir autour de trois grandes thématiques la soixantaine d’œuvres sur toiles de grands formats qui sont présentées.

Le premier espace est ainsi consacré à Mai 68 et aux années 1970 : alors étudiant à l’école des beaux-arts de Paris, Gérard Fromanger a participé à l’atelier des affiches et produit certaines des affiches les plus inventives du mouvement, où apparaissent les premières silhouettes rouges.
Au début des années 1970, c’est la rue qu’il fait entrer dans son atelier.
Après avoir fait photographier le boulevard des Italiens à Paris, il lui consacre un cycle où se déploient ses recherches chromatiques.
Les 25 toiles de la série, considérées comme les prémices de l’art conceptuel, sont ainsi présentées sur les cimaises du musée d’Issoudun grâce à la technique de la digigraphie, permettant la reproduction à l’identique des œuvres originales aujourd’hui dispersées et impossibles à réunir.

Le deuxième espace réunit les œuvres de la série des batailles permettant de suivre la stratégie de la couleur à travers des séries de cinq tableaux des années 1990.
C’est encore pour l’artiste une époque dominée par les guerres et conflits mondiaux (guerres du Golfe) et Fromanger se pose « dans le monde et pas devant le monde ».

Les troisième et quatrième espaces sont articulés autour de l’une des dernières séries de l’artiste intitulée « Le cœur fait ce qu’il veut ».
Des cardiogrammes et des peintures-monde mettent en perspective le rôle et
la place de l’artiste dans la société.
Le Cabinet d’arts graphiques présente des dessins et œuvres sur papier depuis les premiers travaux d’étudiants jusqu’à des créations plus récentes de Gérard Fromanger, des premiers noirs et blancs aux dessins et affiches saturées de couleurs.

Autour de l’exposition, l’émission « A voix nue » sur France Culture présente du 11 au 15 février 2019 un entretien avec Gérard Fromanger tous les soirs de la semaine à 20h.

Publication

A l’occasion de l’exposition « Gérard Fromanger. Annoncez la couleur ! », un catalogue est publié par le musée de l’Hospice Saint-Roch sous la direction de Claude Guibert (72 pages, éditions du musée de l’Hospice saint Roch d’Issoudun, prix public : 13 euros ).

Cardiogramme-Peinture
Rouge de Cadmium, 2014
Série
« Le coeur fait ce qu’il veut »
Acrylique sur toile
200 x 200 cm
© Samuele Vannoni, Courtesy
Caroline Smulders, Paris.
Collection particulière

Texte du commissaire de l’exposition

Présenter Gérard Fromanger au Musée de l’Hospice Saint-Roch à Issoudun, c’est enrichir un parcours qui souligne l’intérêt suivi que le musée porte aux peintres de la Figuration narrative depuis de longues années : Henri Cueco dès 1985, puis Jacques Monory (1988), Bernard Rancillac (2003), plus récemment Vladimir Velickovic (2015), Antonio Seguí (2016), Valério Adami (2016).

La génération de ces peintres est née dans la culture de l’image et des mythologies de son époque. Photographie, cinématographe, puis télévision et vidéo, tel est l’univers des médias constitutifs de cette culture.
De la galaxie Gutenberg à la galaxie Mac Luhan, dans ce tourbillon infernal au développement exponentiel, comment maîtriser l’image, l’information, le regard sur le monde ?
Dans « La peinture photogénique », le philosophe Michel Foucault écrit au sujet des peintres de la Figuration narrative : « Ce qu’ils ont produit au terme de leur travail, ce n’est pas un tableau construit à partir d’une photographie, ni une photographie maquillée en tableau, mais une image saisie dans la trajectoire
qui la mène de la photographie au tableau ».

C’est ce « moment » très singulier qui se vérifie également chez Gérard Fromanger : une démarche plus particulièrement caractérisée chez lui par la déclinaison de la quadrichromie.
Car toute son œuvre mérite d’être examinée à l’aune de cette stratégie picturale. La trichromie (dont l’inventeur de la photographie couleur en trichromie Louis Ducos du Hauron est pris comme point de perspective dans l’exposition) ainsi que le noir de l’imprimeur participent à cette décomposition de la couleur soit à l’intérieur même d’un tableau, soit à travers un thème complet.

Gérard Fromanger, tout en participant à cette interrogation sur l’image, sur ce « moment » du passage de la photographie à la peinture, a placé l’ensemble de son œuvre sous cette impérieuse réflexion : « Je suis dans le monde, pas devant le monde ».
Le peintre n’est pas un observateur détaché des tensions du monde. Bien au contraire, il assume sa responsabilité d’homme dans sa relation aux autres.
Depuis sa participation à l’Atelier populaire des Beaux-arts de Paris en 1968 jusqu’à la tragédie vécue aujourd’hui par l’odyssée tragique des migrants, Fromanger avance les yeux ouverts sur l’histoire contemporaine.
Ce chemin est jalonné de rencontres privilégiées : César, Alberto et Diego Giacometti, Alain Jouffroy, Gilles Deleuze, Michel Foucault, Félix Guattari, Régis Debray, Michel Onfray notamment. De tels échanges auront leur importance dans ce cheminement que décrit Olivier Zahm : « Gérard Fromanger pense et peint. On pourrait dire qu’il fait les deux ensemble, mais non : il travaille à la conjonction peinture et pensée ».

Claude Guibert, 2019.

Infos pratiques

Horaires d'ouverture

Du 1er février au 30 avril :
Mercredi à dimanche : 10h-12h/14h-18h

Du 2 au 12 mai :
Lundi / mardi : 14h-18h
Mercredi à dimanche : 10h-12h/14h-18h

Fermeture 1 mai.

Tarifs

Entrée libre